Vape : Marine Le Pen veut associer les buralistes aux décisions

Vape : Marine Le Pen veut associer les buralistes aux décisions

Catégories : Actualité
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Une lettre ouverte adressée aux buralistes

À quelques mois de la présidentielle de 2027, Marine Le Pen a adressé une lettre ouverte aux buralistes français, dans un contexte de mobilisation de la profession contre la fiscalité du tabac et le développement du marché parallèle.

La candidate du Rassemblement national y développe quatre grands engagements : freiner la hausse de la fiscalité sur le tabac, renforcer la répression des trafics, augmenter les moyens consacrés à la lutte contre les ventes illégales et associer davantage les buralistes aux décisions concernant l'avenir de leur profession.

Mais pour le secteur de la cigarette électronique, c'est surtout le dernier point qui retient l'attention.

La vape directement mentionnée

Marine Le Pen consacre en effet une partie de son courrier à l'évolution du métier de buraliste et aux nouveaux produits.

Elle estime que, concernant « la vape comme les nouveaux produits », les futures règles doivent être stables et pragmatiques et considère que les buralistes doivent être associés aux décisions touchant leur activité et leurs investissements.

Cette déclaration intervient à un moment où la réglementation du vapotage reste un sujet sensible en France : fiscalité des e-liquides, vente en ligne, encadrement des produits ou encore place respective des boutiques spécialisées et des bureaux de tabac.

Veut-elle réserver la vape aux buralistes ?

C'est la question que peut faire naître cette prise de position, mais la lettre ne va pas aussi loin.

Marine Le Pen ne propose pas explicitement de réserver la vente des cigarettes électroniques et des e-liquides au réseau des buralistes.

Elle affirme que ces professionnels doivent participer aux discussions lorsque les pouvoirs publics élaborent les règles concernant la vape et les nouveaux produits.

La nuance est importante.

À ce stade, il serait donc excessif d'interpréter cette déclaration comme l'annonce d'un monopole de la vape confié aux buralistes.

Un positionnement déjà visible sur la fiscalité de la vape

La position de Marine Le Pen sur le vapotage ne surgit pas totalement avec cette lettre.

En novembre 2025, lors des débats à l'Assemblée nationale, elle s'était opposée à la taxation envisagée des produits du vapotage.

Elle avait notamment défendu l'idée que le vapotage était beaucoup moins nocif que la cigarette et contesté la justification sanitaire de la nouvelle taxe. Cette intervention figure dans le compte rendu officiel de l'Assemblée nationale.

Sa nouvelle déclaration aux buralistes doit donc être replacée dans un positionnement plus large : opposition à une fiscalité supplémentaire sur la vape, mais volonté parallèle de donner davantage de poids aux buralistes dans l'élaboration de sa réglementation.

Gel des taxes sur le tabac

La lettre concerne néanmoins principalement le tabac.

Marine Le Pen promet, si elle accède à la présidence, de geler les taxes sur le tabac et de désindexer son prix de l'inflation.

Elle estime que l'augmentation régulière des prix favorise les achats transfrontaliers et le marché parallèle plutôt que le réseau légal.

Cette analyse rejoint certaines revendications actuelles de la profession, mais elle s'oppose à la stratégie traditionnelle de santé publique consistant à utiliser la hausse des prix comme levier de réduction du tabagisme.

Une offensive contre le marché parallèle

Le deuxième axe concerne la contrebande.

Marine Le Pen souhaite renforcer les sanctions contre les trafiquants et les commerces impliqués dans la vente de tabac illicite.

Elle évoque notamment des fermetures administratives plus systématiques pour les établissements servant de façade au trafic et un durcissement des sanctions concernant la contrebande, le recel et certaines ventes illégales.

Davantage de pouvoirs sur le terrain

La candidate souhaite également renforcer les moyens opérationnels consacrés à la lutte contre les trafics.

Elle propose notamment d'élargir certaines prérogatives des policiers municipaux, afin qu'ils puissent davantage participer à la constatation des infractions et faciliter la transmission des informations aux douanes, à la police et à la justice.

L'objectif affiché est de concentrer davantage la pression sur les circuits illégaux plutôt que sur les commerçants appartenant au réseau réglementé.

Quelle place pour les boutiques de vape ?

C'est probablement le principal point d'interrogation pour les professionnels spécialisés.

La France dispose d'un réseau important de vape shops indépendants, dont l'activité repose précisément sur la cigarette électronique et l'accompagnement des vapoteurs.

Donner aux buralistes une place importante dans la définition de la réglementation pourrait donc susciter des interrogations si les boutiques spécialisées, fabricants, distributeurs et professionnels de santé ne bénéficiaient pas d'une représentation comparable.

Or, dans sa lettre, Marine Le Pen s'adresse spécifiquement aux buralistes. Elle ne détaille pas la manière dont les autres acteurs du vapotage seraient associés à d'éventuelles futures négociations.

Une déclaration politique, pas une nouvelle réglementation

Il faut également distinguer les propositions politiques du droit actuellement applicable.

Cette lettre ne modifie aucune règle concernant la vente de cigarettes électroniques en France.

Elle présente les engagements que Marine Le Pen dit vouloir mettre en œuvre si elle accède à la présidence de la République.

Il n'existe donc, sur la base de cette déclaration, ni transfert du marché de la vape vers les buralistes ni nouveau monopole de distribution.

Un sujet à surveiller pour les vape shops

La phrase consacrée au vapotage reste néanmoins politiquement significative.

Elle montre que la question de la distribution de la vape et de la place des buralistes pourrait prendre davantage d'importance à l'approche de l'élection présidentielle de 2027.

Pour les boutiques spécialisées, l'enjeu sera surtout de savoir si une future réforme envisage une concertation équilibrée entre l'ensemble des professionnels ou accorde un rôle particulier au réseau des buralistes.

Pour l'instant, la lettre de Marine Le Pen ouvre donc davantage une question politique qu'elle n'apporte une réponse réglementaire.

Ce qu'il faut retenir

Marine Le Pen souhaite que les buralistes soient « pleinement associés » aux décisions concernant la vape et les nouveaux produits.

Elle ne propose toutefois pas explicitement de leur réserver la vente des cigarettes électroniques.

Cette nuance est essentielle : il s'agit aujourd'hui d'une prise de position politique et d'une promesse de concertation, et non de l'annonce d'un monopole des buralistes sur le vapotage.

Pour le secteur spécialisé, la question sera désormais de savoir quelle place serait accordée aux vape shops indépendants dans cette éventuelle future organisation.

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