Selon les dernières données issues du baromètre 2024 de Santé publique France, près de 8 % des adultes âgés de 18 à 79 ans déclarent vapoter, et plus de 6 % le font quotidiennement. Une pratique en hausse constante, qui continue toutefois de soulever de nombreuses interrogations en matière de santé publique.
Une pratique en nette augmentation depuis 2016
D’après Santé publique France, le vapotage, qu’il soit occasionnel ou quotidien, suit une tendance haussière depuis plusieurs années. En 2016, seuls 3,5 % des adultes déclaraient vapoter, et 2,5 % de manière quotidienne. En 2024, ces proportions ont plus que doublé.
L’enquête s’appuie sur les réponses de 35 000 personnes âgées de 18 à 79 ans, interrogées dans le cadre du baromètre annuel de la santé des Français.
La proportion de vapoteurs quotidiens atteint désormais 6,1 % de la population adulte. Elle concerne légèrement plus les hommes que les femmes et reste relativement stable entre 18 et 49 ans, autour de 8 %. Au-delà, elle diminue progressivement avec l’âge, à partir de 50 ans chez les hommes et de 60 ans chez les femmes.
Des usages étroitement liés au tabac
L’un des enseignements majeurs de l’étude réside dans le lien étroit entre vapotage et tabagisme. En 2024, la quasi-totalité des vapoteurs quotidiens ont une expérience du tabac.
Près de la moitié d’entre eux (47,7 %) fument encore des cigarettes, tandis qu’une proportion comparable (49,5 %) sont d’anciens fumeurs. Autrement dit, le vapotage concerne très majoritairement des personnes ayant fumé ou fumant encore.
Si la prévalence du tabagisme recule globalement en France, celle du vapotage progresse, en particulier chez les plus jeunes. Une évolution qui conduit Santé publique France à appeler à la vigilance face au risque d’une « renormalisation » du geste de fumer, la cigarette électronique mimant les codes du tabagisme traditionnel.
Un enjeu persistant autour de la nicotine
L’agence sanitaire souligne également le risque d’une persistance, voire d’une augmentation non souhaitée, de l’addiction à la nicotine au sein de la population. Cette préoccupation s’inscrit dans un contexte où de nouveaux produits nicotinés – tabac chauffé, sachets ou billes de nicotine – se multiplient sur le marché.
Des disparités selon le profil socio-économique
L’étude met aussi en évidence des écarts marqués selon la situation socio-économique. Le vapotage quotidien est moins fréquent chez les cadres et professions intellectuelles supérieures (5,2 %) que chez les ouvriers (7,3 %) et les employés (6,6 %).
Il est également nettement moins répandu parmi les retraités (2 %) que chez les personnes au chômage, chez qui il atteint 7 %.
Des incertitudes sanitaires toujours mises en avant
Santé publique France rappelle enfin que la cigarette électronique continue de poser « de nombreuses questions de santé ». En l’absence de consensus scientifique définitif, l’agence estime que le vapotage pourrait constituer une porte d’entrée vers le tabagisme pour certains publics, et que ses effets à long terme sur la santé restent insuffisamment connus.
Les dispositifs de vapotage émettent notamment des composés organiques volatils, des espèces réactives de l’oxygène, des furanes et certains métaux, dont la toxicité pulmonaire est documentée.
Ces données confirment ainsi que, si le vapotage s’installe durablement dans les usages, il demeure au cœur d’un débat complexe, à la croisée des enjeux de réduction des risques, de prévention et de santé publique.