L’Ouzbékistan interdit les produits du vapotage

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L’Ouzbékistan bannit complètement les produits du vapotage

L’Ouzbékistan a officiellement interdit la production, le stockage, la vente, la distribution, le transport et l’utilisation des cigarettes électroniques et des e-liquides sur l’ensemble de son territoire.
Cette interdiction totale découle de la loi O'RQ-1098, signée par le président Shavkat Mirziyoyev et entrée en vigueur le 27 novembre 2025. Le texte modifie la loi nationale sur l’alcool et le tabac pour y intégrer explicitement les produits du vapotage, désormais traités au même niveau que les produits traditionnels.


Un arsenal judiciaire sévère contre la vape

Le nouveau cadre transforme toute activité liée au vapotage en infraction pénale.
Les sanctions prévues sont particulièrement lourdes :

  • amendes pouvant atteindre 206 millions de soms (près de 15 000 €),

  • travaux d’intérêt général de deux à trois ans,

  • peines de prison ou restrictions de liberté de trois à cinq ans en cas de récidive ou d’infractions d’ampleur.

Une exception existe toutefois : les personnes qui se dénoncent volontairement aux autorités et remettent les produits interdits pourront être dispensées de poursuites.

Selon le ministère de la Justice, cette mesure vise à :

  • renforcer la lutte antitabac,

  • limiter l’essor des nouveaux produits nicotinés,

  • réduire l’accès des jeunes à la nicotine,

  • et contrer le marché illégal du vapotage.


Une interdiction dans la lignée des pays voisins

L’Ouzbékistan s’aligne ainsi sur plusieurs pays d’Asie centrale — Kazakhstan, Turkménistan, Kirghizistan — qui ont eux aussi choisi le bannissement total du vapotage.
La Russie, dans la même logique, a récemment annoncé vouloir interdire la vente de cigarettes électroniques sur l’ensemble de son territoire.


Une région sous forte influence du tabac

Malgré cette politique répressive envers la vape, l’industrie du tabac reste profondément implantée dans le pays et dans toute la région. Plusieurs éléments l’illustrent :

  • Le Turkménistan accuse l’Ouzbékistan d’être un important point d’entrée de cigarettes sur son territoire.

  • L’OMS, dans son rapport 2025, souligne la résistance active de l’industrie face aux politiques antitabac.

  • Le pays compte 2,5 millions de fumeurs et une prévalence tabagique masculine de 19,4 % chez les plus de 15 ans.

Parallèlement, des multinationales comme le sud-coréen KT&G accélèrent leur implantation industrielle en Asie centrale, attirées par des gouvernements qui perçoivent ces installations comme des opportunités de développement économique.


Un environnement favorable aux cigarettiers

Les États du Caucase et d’Asie centrale offrent aux industriels du tabac :

  • une législation souvent permissive,

  • une fiscalité peu contraignante,

  • une faible réglementation sur la publicité,

  • l’absence généralisée de paquet neutre,

  • une gouvernance centralisée propice au clientélisme.

Dans ce contexte, les politiques antitabac restent très limitées, et les mesures comme l’interdiction de la vape viennent paradoxalement renforcer la domination du tabac traditionnel, faute d’alternative autorisée.

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