
Les cuves sont prêtes à accueillir d’autres assemblages. C’est ici, dans ce chai situé sur la commune de La Regrippière (Loire-Atlantique), que Maxime Bordelot développe des cuvées à base de chanvre.
Dans le Vignoble nantais, le jeune affiche une solide expérience. Ancien salarié à la brasserie de la Divatte, le zythologue est passé par une formation de sommelier en bière. C’est aussi lui qui a lancé, avec Romain Héraud, vigneron à Clisson, la gamme Wine Hop, vins au houblon.
Un équilibre de macération que Maxime Bordelot diffuse aujourd’hui à travers ses cuvées « Brume », nom de la gamme au chanvre.
Produit et commercialisé par Mosaic Compagny, entreprise qu’il vient de créer, le Regrippièrois a créé cet original assemblage « issu d’une macération de fleurs de chanvre dans du vin blanc de la région nantaise », explique-t-il.
Pour lancer l’activité de ce produit unique dans la région, Maxime Bordelot a traversé de nombreuses embûches administratives. Pour la répression des fraudes, le produit est déclaré comme étant une boisson aromatisée à base de vin.
Le secteur est dans un flou juridique révélée par l’affaire Kanavape, nom d’une cigarette électronique au CBD lancée en 2014 et présentée comme » 100 % légale » car respectant le taux maximal autorisé de 0,2 % de THC.
Le CBD fait partie des nombreux cannabinoïdes présents dans le chanvre, aussi appelé cannabis.
Trois premières cuvées
A l’inverse de l’actif le plus connu de la plante, le delta-9 tétrahydrocannabinol (THC), il n’a pas d’effet stupéfiant.
« On enlève la partie addictive, psychotrope », souligne Maxime Bordelot qui achète ses fleurs dans la région nantaise.
Des fleurs qui proviennent d’une sélection produite en Italie. Ce sont ces têtes de fleurs broyées qui sont trempées dans le vin.
Pour élaborer ces cuvées, l’assembleur utilise deux variétés de chanvre : Lemon Ice et Cherry Haze. Des variétés qui donnent la spécificité et caractérisent le vin.
La recette tenue secrète « tient notamment dans la macération », poursuit Maxime Bordelot qui va commercialiser trois premières cuvées : deux vins tranquilles et une cuvée pétillante.
Les 3 000 bouteilles seront vendues à travers le réseau des caves, épiceries fines et magasins CBD.
Une vente directe de lancement est aussi ouverte sur le site de financement participatif KissKissBankBank. Les cuvées développent « un nez délicat et une bouche vineuse », commente Maxime Bordelot. Ces vins à servir à l’apéritif ou sur des plats épicés, des poissons et des fromages à pâte molle sont vendus au prix de 25 euros la bouteille. Un prix élevé pour la région nantaise en raison de la matière première. Les fleurs de chanvre bio sont achetées autour de 8 000 euros le kilo. D’autres cuvées sont déjà dans les cartons. Et bientôt dans les cuves du chai.