?️ Un appel à faire évoluer la stratégie mondiale
Robert Beaglehole et Ruth Bonita, deux anciens directeurs de l'OMS, ont publié un commentaire dans la revue scientifique The Lancet afin d'encourager leur ancienne institution à intégrer pleinement la réduction des risques dans sa stratégie antitabac.
Selon eux, les politiques actuelles reposent essentiellement sur deux piliers :
- réduire la demande de tabac ;
- limiter son offre.
Ils estiment qu'un troisième axe, la réduction des risques, reste largement sous-exploité malgré son potentiel pour accélérer la baisse du tabagisme.
? Le vapotage comme outil de réduction des risques
Les deux experts considèrent que les produits nicotiniques sans combustion, dont la cigarette électronique, peuvent constituer une alternative pour les fumeurs adultes qui ne parviennent pas à arrêter avec les méthodes traditionnelles.
Ils rappellent que l'objectif n'est pas de promouvoir la nicotine, mais de remplacer la cigarette combustible par des solutions présentant un risque potentiellement moindre pour les fumeurs qui continuent à consommer du tabac.
?? Un soutien à la politique britannique… avec une réserve
Les auteurs saluent l'adoption du Tobacco and Vapes Act 2026 au Royaume-Uni, qui vise à créer progressivement une génération sans tabac.
Ils mettent toutefois en garde contre un risque : que de futures réglementations limitent excessivement l'accès aux alternatives de réduction des risques destinées aux fumeurs adultes.
Selon eux, empêcher les jeunes d'entrer dans le tabagisme et aider les fumeurs actuels à en sortir sont deux objectifs complémentaires qui nécessitent des approches différentes.
? L'exemple de la Nouvelle-Zélande
Pour illustrer leur position, les anciens dirigeants citent la Nouvelle-Zélande.
Ils soulignent que le recul du tabagisme s'y est accéléré après une plus large disponibilité des produits de vapotage, suggérant qu'un accès facilité aux alternatives nicotiniques pourrait contribuer à réduire plus rapidement la consommation de cigarettes chez les adultes.
⚖️ Une position différente de celle de l'OMS
Cette prise de position contraste avec les recommandations actuelles de l'OMS, qui continue de privilégier une approche très prudente concernant les cigarettes électroniques.
L'organisation met notamment en avant :
- la protection des jeunes ;
- les incertitudes concernant les effets à long terme ;
- les stratégies commerciales de l'industrie du tabac et de la nicotine.
Les anciens responsables reconnaissent ces préoccupations mais estiment qu'elles ne doivent pas faire oublier l'urgence de réduire les conséquences du tabagisme chez les millions de fumeurs encore dépendants de la cigarette.
? Un débat qui reste ouvert
Le sujet de la réduction des risques continue d'alimenter les discussions au sein de la communauté scientifique et des autorités sanitaires.
Si plusieurs pays intègrent désormais le vapotage dans leurs stratégies de sevrage tabagique, d'autres privilégient une réglementation beaucoup plus restrictive.
Cette diversité d'approches illustre les différences d'interprétation des données scientifiques disponibles et des priorités de santé publique.
? Ce qu'il faut retenir
- Deux anciens directeurs de l'OMS souhaitent une meilleure intégration de la réduction des risques dans la lutte contre le tabagisme.
- Ils considèrent le vapotage comme un outil pouvant aider certains fumeurs adultes à quitter la cigarette.
- Ils saluent la politique britannique tout en appelant à préserver l'accès aux alternatives moins nocives.
- Leur position diffère de celle actuellement défendue par l'OMS, qui reste très prudente sur les produits de vapotage.
? Conclusion
L'intervention de ces anciens responsables de l'OMS relance le débat sur la place du vapotage dans les politiques de santé publique. Sans remettre en cause la nécessité de protéger les jeunes, ils plaident pour une approche davantage centrée sur la réduction des risques chez les fumeurs adultes. Cette prise de position témoigne de la diversité des opinions qui existent aujourd'hui au sein même des anciens responsables de la santé mondiale.