Des travaux scientifiques récents suggèrent que le CBD et le THC pourraient jouer un rôle prometteur dans le traitement du cancer de l’ovaire. Menée en laboratoire, une étude met en évidence des effets anticancéreux significatifs de ces deux cannabinoïdes sur des cellules tumorales ovariennes.
En France, 5 348 cas de cancers de l’ovaire ont été recensés en 2023, selon les données publiées par Institut National du Cancer. Cette pathologie reste particulièrement redoutable, notamment en raison de son diagnostic souvent tardif, lié à des symptômes peu spécifiques à ses débuts.
Des traitements lourds, une efficacité encore limitée
Actuellement, la prise en charge du cancer de l’ovaire repose principalement sur la chirurgie, associée à une chimiothérapie conventionnelle et, dans certains cas, à des thérapies ciblées. Malgré ces approches, les taux de récidive demeurent élevés, ce qui pousse la recherche à explorer de nouvelles alternatives thérapeutiques.
C’est dans ce contexte qu’une équipe de chercheurs a publié une étude dans la revue scientifique Frontiers in Pharmacology. Leur objectif : évaluer le potentiel du cannabidiol (CBD) et du delta-9-tétrahydrocannabinol (THC), déjà étudiés pour leurs effets dans d’autres types de cancers.
Selon le Dr Siyao Tong, l’un des auteurs de l’étude, le cancer de l’ovaire reste l’une des tumeurs gynécologiques les plus mortelles, en raison de diagnostics tardifs, de rechutes fréquentes et d’options thérapeutiques encore insuffisantes. Les chercheurs cherchent donc à identifier de nouvelles molécules capables d’offrir un réel espoir aux patientes.
Des résultats encourageants en laboratoire
Les scientifiques ont testé le CBD et le THC sur des cellules cancéreuses de l’ovaire, mais aussi sur des cellules saines, afin d’évaluer leur sélectivité. Les résultats sont particulièrement intéressants : sous l’effet des cannabinoïdes, les cellules cancéreuses se sont révélées moins nombreuses, plus petites, et dans certains cas totalement détruites, notamment lorsque le CBD et le THC étaient utilisés en combinaison.
L’étude montre également que ces substances freinent la multiplication des cellules cancéreuses et limitent leur capacité à migrer, un mécanisme clé dans le développement des métastases. Autre point notable : les cellules saines ont été très peu affectées, suggérant une action ciblée sur les cellules tumorales.
Une piste encore expérimentale, mais porteuse d’espoir
Les chercheurs restent prudents. Cette étude demeure préliminaire et réalisée uniquement en laboratoire. Néanmoins, elle pose les bases de futures recherches précliniques et cliniques visant à mieux comprendre les mécanismes moléculaires à l’œuvre.
Si ces résultats étaient confirmés par des études plus avancées, une thérapie combinée CBD-THC pourrait, à terme, contribuer à l’élaboration de nouvelles stratégies de traitement contre le cancer de l’ovaire, en complément ou en alternative aux protocoles existants.